Lors d’une épidémie, il peut arriver qu’aucun test diagnostique ne soit parfaitement adapté au pathogène. Pour endiguer le plus rapidement possible l’épidémie, le dépistage se fait alors en utilisant plusieurs tests. L’interprétation des résultats des différents tests devient alors plus complexe, ce qui peut rendre le diagnostic individuel difficile et conduire à une mésestimation de la prévalence de la maladie. En prenant pour étude de cas l’épidémie de peste ayant touché Madagascar en 2017, des chercheurs de l’Institut Pasteur et de l’Institut Pasteur de Madagascar proposent un cadre analytique afin de caractériser la performance des différents tests et d’estimer la prévalence réelle de l’épidémie. Publiés dans la revue Plos Biology, ces résultats permettront d’améliorer la qualité du diagnostic lors de futures épidémies.

Entre août et novembre 2017, 2.414 cas cliniquement suspectés comme porteurs de Yersinia pestis, le bacille de la peste, ont été notifiés, avec une grande proportion de peste pulmonaire. Les échantillons ont alors été analysés à l’aide de trois types de tests de diagnostic : la culture bactérienne, le test rapide de détection de la peste et la biologie moléculaire ou qPCR. D’importants écarts ont été observés entre les différents tests, rendant l’interprétation des résultats complexe. La plus forte incertitude portait sur l’étendue de l’épidémie de peste pulmonaire, les cas positifs variant de 1 % à 18 %. Le cadre analytique utilisé dans cette étude a permis d’estimer que 7 à 15% des cas suspects était porteurs de Yersinia pestis pour cette épidémie.

Estimer les performances d’un test diagnostique

Deux paramètres, la spécificité et la sensibilité, déterminent la performance d’un test. La spécificité est la probabilité d’être dépisté négatif lorsque que l’on n’est pas infecté tandis que la sensibilité est la probabilité d’être diagnostiqué positif lorsque l’on est bien infecté. Lorsqu’il existe un test de référence avec une sensibilité et une spécificité parfaite, il est facile d’estimer la sensibilité et la spécificité d’autres tests en les comparant à ce dernier. En l’absence de test de référence, comme ce fut le cas pour cette épidémie de peste, les auteurs ont dû estimer les performances de chaque test puis la prévalence de l’épidémie. Pour cela, il ont utilisé la méthode dite des classes latentes qui s’appuie sur la comparaison des résultats de différents tests imparfaits. Cette analyse a révélé que la biologie moléculaire avait les meilleurs performances ; et que le test rapide de détection avait une spécificité limitée durant l’épidémie de peste de 2017. Ses performances étaient meilleures l’année suivante, en 2018, suggérant que le contexte de réponse à une grande épidémie peut impacter la qualité du diagnostic.

Combiner les résultats pour reconstruire une épidémie

Une fois connues les performances des différents tests, les chercheurs ont déterminé comment améliorer les algorithmes de classification des cas pour minimiser les risques de faux-positifs et faux-négatifs. Ils ont aussi pu reconstruire, de façon plus fine, les tendances épidémiologiques de l’épidémie dans l’espace et le temps. Une meilleure classification des cas est particulièrement importante pour l’allocation de ressources rares, par exemple en ciblant avec précision les efforts de recherche des contacts là où l’incidence est la plus forte.   Cela évite de déployer des ressources en cas de faux-positifs et  optimise l’impact des installations de test mobiles.

Si le développement et la disponibilité de diagnostics de haute qualité restent une priorité, ce cadre analytique pourrait être un outil précieux pour réduire les incertitudes face à d’autres maladies infectieuses ne disposant pas de diagnostic de référence. Il est notamment déjà utilisé par l’Institut Pasteur de Madagascar pour diagnostiquer les cas de tuberculose.


Pour aller plus loin :
Evaluating and optimizing the use of diagnostics during epidemics: Application to the 2017 plague outbreak in Madagascar
Plos Biology, 15 août 2022.
Quirine ten Bosch†*, Voahangy Andrianaivoarimanana, Beza Ramasindrazana, Guillain Mikaty, Rado JL Rakotonanahary, Birgit Nikolay, Soloandry Rahajandraibe, Maxence Feher, Quentin Grassin, Juliette Paireau, Soanandrasana Rahelinirina, Rindra Randremanana, Feno Rakotoarimanana, Marie Melocco,Voahangy Rasolofo, Javier Pizarro-Cerda, Anne-Sophie Le Guern, Eric Bertherat, Maherisoa Ratsitorahina, André Spiegel, Laurence Baril, Minoarisoa Rajerison, Simon Cauchemez
† Ces auteurs ont contribué à parts égales à ce travail.
* Auteur correspondant.
https://doi.org/10.1371/journal.pbio.3001736

Une étude conduite dans le cadre du projet Afriobiota qui implique plusieurs membres du Pasteur Network, en collaboration avec l’Université de Lausanne, décrypte le lien entre l’écosystème intestinal et les retards de croissance qui affectent les enfants dénutris. Les résultats de ces travaux ayant inclus près de 1000 enfants âgés de 2 à 5 ans entre 2016 et 2018 sont publiés dans la revue PNAS.

Chez les enfants, la dénutrition – c’est-à-dire la consommation et/ou l’assimilation insuffisante de nourriture pour couvrir les besoins de l’organisme – se manifeste principalement par des retards de croissance. Ces derniers toucheraient, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, 22% des moins de 5 ans à l’échelle mondiale (estimation pour l’année 2020).

Cette étude s’intéresse au rôle des communautés microbiennes intestinales (microbiote) dans la dénutrition. Conduite au sein du Pasteur Network, cette recherche a été coordonnée par le Pr Philippe Sansonetti, et menée pendant six ans par l’Institut Pasteur en collaboration avec l’Institut Pasteur de Madagascar et l’Institut Pasteur de Bangui dans le cadre du projet Afriobiota soutenu par la Fondation Total. Les travaux, réalisés à Madagascar et en République centrafricaine auprès de 1000 enfants âgés de 2 à 5 ans, ont mis en évidence que plus de 80% des sujets avec un retard de croissance présentent une pullulation bactérienne anormale dans l’intestin grêle (small intestinal bacterial overgrowth, SIBO). Il s’agit plus spécifiquement de bactéries initialement présentes dans la bouche qui prolifèrent dans l’intestin grêle. À l’aide de modèles expérimentaux (des cultures de cellules et des souris), les chercheurs ont montré que ce phénomène freine l’assimilation des lipides. Cette malabsorption des graisses pourrait en partie expliquer le retard de croissance dont souffrent les enfants.


Pour aller plus loin :
Stunted children display ectopic small intestinal colonization by oral bacteria, which cause lipid malabsorption in experimental models
PNAS, 05 octobre 2022.
Pascale Vonaesch*, João R. Araújo, Jean-Chrysostome Gody, Jean-Robert Mbecko, Hugues Sanke, Lova Andrianonimiadana, Tanteliniaina Naharimanananirina, Synthia Nazita Ningatoloum, Sonia Sandrine Vondo, Privat Bolmbaye Gondje, Andre Rodriguez-Pozo, Maheninasy Rakotondrainipiana, Kaleb Jephté Estimé Kandou, Alison Nestoret, Nathalie Kapel, Serge Ghislain Djorie, B. Brett Finlay, Laura Wegener Parfrey, Jean-Marc Collard, Rindra Vatosoa Randremanana, Philippe J. Sansonetti* and The Afribiota Investigators
* Auteurs correspondants.
https://doi.org/10.1073/pnas.2209589119
Flash Recherche de l’Université de Lausanne

Le virus du monkeypox (MPXV) est un pathogène tropical négligé dont l’émergence récente a accéléré l’étude. Dans ce contexte, les chercheurs du Pasteur Network ont mis au point des tests de diagnostic rapide du MPXV qui peuvent être visualisés à l’œil nu en moins de 30 minutes, et qui sont aussi cohérents que le test d’acide nucléique basé sur la PCR actuellement utilisé pour le diagnostic du MPXV. Ce nouvel outil de diagnostic contribuera au contrôle et à la prévention des épidémies de MPXV.

En mai 2022, des épidémies de virus du monkeypox (MPXV) ont été signalées simultanément en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, en dehors des régions d’endémie du virus en Afrique. Les chercheurs du Pasteur Network ont collaboré pour développer et valider des tests de détection rapide du MPXV. Ces tests nouvellement conçus peuvent produire des résultats fiables par fluorescence ou par flux latéral sur une bandelette en 20 à 30 minutes. Menée par les équipes d’Emmanuel Nakouné (Institut Pasteur de Bangui) et de Nicolas Berthet et Gary Wong (Institut Pasteur de Shanghai), l’étude présentant les résultats de ces tests de diagnostic rapide a été publiée dans la revue Viruses.

Les tests sont basés sur l’amplification isotherme d’une région ciblée du génome du virus, et sont basés sur la recombinase avec ou sans CRISPR/Cas12. Les tests ont donné des résultats cohérents avec le test moléculaire de référence, la PCR en temps réel, pour les 19 échantillons cliniques utilisés pour valider le test. En outre, les tests étaient spécifiques et ne présentaient pas de réaction croisée avec d’autres poxvirus, tels que le virus de la vaccine.

Le MPXV, un pathogène tropical négligé, est étroitement lié à la variole, une maladie qui a été éradiquée chez l’homme depuis les années 1980. Bien que des épidémies de MPXV soient régulièrement signalées en Afrique parmi les communautés les plus pauvres, la maladie reste peu étudiée, même après que la première épidémie de MPXV a été signalée en dehors de la zone d’endémie aux États-Unis en 2003. La détection rapide, sensible et spécifique du MPXV est essentielle pour informer les autorités sanitaires des cas suspects le plus rapidement possible, afin de suivre l’évolution des épidémies. Ces résultats fournissent donc une plateforme de point de soins pour le diagnostic précoce des cas potentiels de MPXV, et contribueront à la prévention et au contrôle des épidémies actuelles et futures de MPXV.


Pour aller plus loin :
Article de l’Institut Pasteur de Bangui
Développement et caractérisation de tests d’amplification isothermes basés sur la recombinase (RPA/RAA) pour la détection rapide du virus Monkeypox
Viruses, Septembre 2022.
Lingjing Mao, Jiaxu Ying, Benjamin Selekon, Ella Gonofio, Xiaoxia Wang, Emmanuel Nakoune, Gary Wong*, Nicolas Berthet*
* Auteurs correspondants.
https://doi.org/10.3390/v14102112.

La première conférence des journalistes scientifiques francophones s’est tenue à Dakar du 10 au 16 octobre 2022. Elle a rassemblé près de 60 journalistes de plus de 20 nationalités[1]. Avec pour objectif de transmettre les savoirs scientifiques de ses membres, experts de la santé globale, Pasteur Network était partenaire de l’événement. Cela implique la mise en relation entre les chercheurs et les journalistes afin que ces derniers relaient, à leur tour, des informations vérifiées auprès des populations. Cet engagement pour une information scientifique de qualité s’est traduit par l’intervention de plusieurs scientifiques de l’Institut Pasteur de Dakar lors de l’événement.

Organisée par le Réseau des Journalistes scientifiques d’Afrique Francophone (RJSAF) avec l’Association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI), l’Association des communicateurs scientifiques du Québec (ACS) et l’Association suisse du journaliste scientifique, la conférence s’est tenue au Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI) de l’Université Cheikh-Anta-Diop (UCAD).

La thématique principale de la conférence a porté sur le journalisme face à l’urgence climatique. Parmi les thèmes abordés proposés par les organisateurs, plusieurs portaient sur des sujets de santé, domaine d’expertise des membres du Pasteur Network comme l’Institut Pasteur de Dakar.

Les maladies négligées et émergentes en Afrique 

Le Dr Xavier Berthet, Directeur scientifique de l’Institut Pasteur de Dakar est intervenu avec le Dr Digas Ngolo Tete de DNDi lors d’un panel d’experts sur « Les maladies négligées et émergentes en Afrique »le lundi10 octobre, jour d’ouverture de la conférence. Leur intervention a permis de faire un tour d’horizon de ces maladies causées, pour la plupart, par des parasites (maladie du sommeil, schistosomiase) ou des bactéries (trachome, ulcère de buruli), et qui peuvent être très invalidantes pour les personnes atteintes. Le Dr Xavier Berthet a expliqué comment convertir la douleur des populations concernées en valeur à travers les dispositifs mis en place à l’Institut Pasteur de Dakar comme la fabrication de produits biologiques via son futur vaccinopole en construction à Diamniadio ou bien la surveillance des maladies infectieuses.

Zoonoses : situation et défis à l’heure des changements climatiques 

Un panel d’experts en virologie de l’Institut Pasteur de Dakar a abordé la question des « Zoonoses : situation et défis à l’heure des changements climatiques »mercredi 12 octobre. Le Dr Jean-Michel Héraud a rappelé que 75% des émergences récentes ont une origine zoonotique. Encore peu de virus sont connus comme infectant l’homme en regard de l’estimation de la totalité des virus de notre planète que l’on appelle « virôme ».  Les facteurs d’émergences comme la démographie, l’urbanisation anarchique, les modifications d’origine humaine sur l’environnement et les changements climatiques ont été expliqués aux journalistes. Le Dr Oumar Faye, Pasteur Network Talent Award 2019, a rappelé le rôle des Centres Collaborateurs de l’OMS,utiles pour l’identification des virus impliqués. Il a fait part de ses expériences des épidémies d’Ebola ou, plus récemment, de Zika au Brésil. Ces dernières lui ont successivement permis d’anticiper et se préparer aux épidémies, comme avec le laboratoire mobile qui facilite l’accès aux prélèvements et accélère l’identification du virus. Les chercheurs ont souligné les approches « One Health » et visant à identifier les réservoirs des virus et le recours à la surveillance génomique pour détecter rapidement de nouvelles menaces pour la santé humaine et animale et mieux anticiper leurs émergences.  

Quatre journées de conférences ont suivi et couvert également d’autres domaines scientifiques comme les modèles agricoles dans un climat à + 1,5°C, vu la tenue d’ateliers journalistiques, etc. Une visite d’un laboratoire de virologie de l’Institut Pasteur de Dakar et du site de production de Diamniadio a clôturé cette semaine.

Programme complet : https://www.cmjsf.org/programme/


[1] Pays représentés : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Canada, Côte d’Ivoire, Égypte, France, Guinée, Haïti, Madagascar, Mali, Maroc, Niger, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Suisse, Togo, Tunisie

Le séquençage génomique permet le suivi en direct de la propagation d’un virus. Une publication Science parue le 15 septembre 2022 et portant sur l’analyse de plus de 100 000 génomes, revient sur les bénéfices d’un séquençage en local tout en étudiant la dynamique de propagation du SARS-CoV-2 et de ses variants d’intérêt sur le continent africain. Plus de 300 auteurs ont combiné leurs recherches dont 10 membres du Pasteur Network qui ont partagé les séquences du SARS-CoV-2 échantillonnées localement. Les résultats montrent que la plupart des introductions du virus en Afrique émanaient de l’étranger. Ils soulignent également la nécessité d’investir pour les diagnostics et la surveillance génomique en Afrique afin de se préparer et répondre au mieux aux futures émergences et épidémies.

Cette étude révèle une cartographie de la dynamique de transmission de la Covid-19 sur le continent africain. L’augmentation des capacités de séquençage en local a permis d’obtenir de meilleurs délais d’exécution ainsi qu’une surveillance de routine plus régulière. Les membres du Pasteur Network ont partagé, via l’initiative GISAID, les séquences du SARS-CoV-2 dans le cadre des projets REPAIR puis AFROSCREEN.

La propagation des différents variants de la Covid-19 dans le continent a été hétérogène, en particulier pour les variants Alpha, Beta, Delta et Omicron qui ont suivi et suivent encore des schémas de dispersion distincts. Le variant Alpha ayant sévi sur le continent émanait principalement d’Europe avant de se répandre dans 43 pays. La plus grande partie (environ 72 %) des introductions du variant Delta venait d’Inde tandis que les introductions entre pays africains de ce même variant représentaient seulement 7 % des cas. Concernant le variant Omicron, ses émergences provenaient aussi bien d’Europe, que d’Amérique du Nord que d’Asie.

Les 200 institutions signataires[1] de cette étude constituent aujourd’hui le plus grand consortium de scientifiques africains et d’institutions de santé publique unis pour répondre à la Covid-19 à l’aide de données locales. La mise en place des Africa Pathogen Genomics initiatives par l’Africa CDC et du réseau continental par l’Africa CDC et l’OMS AFRO témoigne de la volonté d’élargir l’accès au séquençage à tout le continent. À l’instar de cette étude, un suivi soutenu reste essentiel pour maintenir une surveillance de qualité tant sur la circulation de la Covid-19 mais également sur d’autres maladies infectieuses émergentes ou ré-émergentes qui peuvent toucher l’Afrique.


Pour aller plus loin :
The evolving SARS-CoV-2 epidemic in Africa: Insights from rapidly expanding genomic surveillance
Science, 15 septembre 2022.
Houriiyah Tegally, Tulio de Oliveira*, Eduan Wilkinson†* et al.
Ces auteurs ont contribué à parts égales à ce travail.
* Auteurs correspondants.
DOI: 10.1126/science.abq5358
Communiqué de presse : https://africacdc.org/news-item/a-continent-wide-collaboration-on-genomics-surveillance-show-the-power-of-african-science-and-how-the-majority-of-covid-19-variants-were-introduced-into-africa/

[1] Cette étude a été menée par le Centre for Epidemic Response and Innovation (CERI) de la Stellenbosch University, et la KwaZulu-Natal Research Innovation and Sequencing Platform (KRISP) de l’University of KwaZulu-Natal, en coordination avec l’Africa CDC, l’OMS AFRO et plus de 200 institutions partenaires dont 10 membres du Pasteur Network : le Centre Pasteur du Cameroun, le CERMES Niger, l’Institut Pasteur, l’Institut Pasteur d’Algérie, l’Institut Pasteur de Bangui, l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, l’Institut Pasteur de Dakar, l’Institut Pasteur de Guinée, l’Institut Pasteur de Madagascar, l’Institut Pasteur de Tunis

En juin 2021, le Pasteur Network repensait sa gouvernance pour qu’elle soit plus participative et égalitaire. Sur accord de tous ses membres, une direction exécutive dédiée a été créée pour traduire cette évolution en actions concrètes.

Fin juin 2022, la restructuration du Pasteur Network s’ouvre avec l’arrivée de Rebecca F. Grais, sa nouvelle Directrice exécutive dont la vision intègre une dimension humaine forte et indispensable au fonctionnement d’un réseau.


« La prise de fonction de Rebecca Grais intervient un an après la restructuration du réseau menée collectivement. L’expertise qu’elle apporte permettra de concrétiser un mode de fonctionnement plus synergique entre ses membres. En tant que Directrice exécutive de l’association et de la fondation, son arrivée marque l’engagement du Pasteur Network à œuvrer pour l’amélioration de la santé mondiale en adoptant, plus que jamais, une logique de solidarité. » Amadou Alpha Sall, Président du Pasteur Network et Stewart Cole, Président de la fondation Pasteur Network.

Rebecca F. Grais a une solide expérience de recherche épidémiologique focalisée sur les populations sans ou avec un accès réduit au soin, en tant que Directrice de la recherche d’Epicentre. Ancienne membre cooptée du Conseil d’Administration et du conseil scientifique du Pasteur Network, elle possède une bonne connaissance de ce dernier, de ses atouts, de ses faiblesses et de son potentiel. Elle pilotera ainsi son développement avec un esprit collaboratif pour répondre aux problèmes de santé publique et améliorer l’équité d’accès au soin dans le monde entier.

Sous son impulsion, le Pasteur Network se fédérera autour d’une culture commune bâtie sur le droit fondamental de tout être humain à jouir d’une bonne santé [1]. La vision du réseau de Rebecca F. Grais inclut une approche à plusieurs échelles : celle des individus, celle des membres et celle du Pasteur Network dans sa globalité. Avec elle, le réseau apprendra à développer et additionner les forces de chacun pour améliorer la santé publique dans tous ses aspects : recherche, prévention, communication et formation entre autres.

Rebecca F. Grais veillera au maintien d’un environnement propice à l’acquisition de connaissances et de compétences tant pour la communauté pasteurienne que pour les populations locales. Les résultats seront traduits et transmis au-delà de la littérature scientifique et universitaire. Cette approche ouverte permettra d’assurer la participation de la communauté et contribuera à l’élaboration des politiques de santé. La direction exécutive du Pasteur Network s’appuiera sur la présence internationale du réseau, son esprit collaboratif et sur ses diverses expertises pour asseoir son leadership en matière de mondiale.


« C’est une formidable opportunité et un honneur de faire partie du Pasteur Network. Un de mes objectifs sera de maintenir un environnement favorable pour le réseau afin de permettre aux individus, aux membres et au réseau en lui-même, d’atteindre leurs objectifs. » Rebecca F. Grais, Directrice exécutive du Pasteur Network.

A propos :

Les travaux de Rebecca F. Grais sont axés sur la prévention des maladies infectieuses, des maladies tropicales et des infections émergentes dans des contextes à faibles ressources, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, parmi les populations ayant peu ou pas d’accès aux soins. Elle s’est également concentrée sur des études de population portant sur l’efficacité des interventions de santé publique et sur des essais d’efficacité de nouveaux vaccins et agents thérapeutiques.

Elle donne une place importante au développement professionnel, au mentorat ainsi qu’à la formation à la gestion pour les populations sous-représentées dans la recherche. L’objectif est de faire progresser leur carrière individuelle et tout en contribuant à des innovations adaptées en matière de soins en santé. Rebecca F. Grais a réalisé la majorité de son cursus à la John Hopkins University (USA) avant d’obtenir son habilitation à diriger des recherches de la Faculté de  médecine de l’Université Paris-Saclay (ex Paris-Sud) en 2013. À Epicentre, elle était à la tête de l’unité d’Epidémiologie avant d’occuper le poste de Directrice de la recherche de 2015 à 2022.


[1] D’après la Constitution de l’OMS « la possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain. »

[1]  According to the WHO Constitution “the enjoyment of the highest attainable standard of health is one of the fundamental rights of every human being.”

Publication originelle le 23 juin 2022, mise à jour le 27 septembre 2022.

De nouvelles nominations ont eu lieu entre juillet et septembre 2021 au sein du Pasteur Network avec la nomination des six directeurs-trices. Ces nominations sont faites en accord avec leurs administrations locales et l’Institut Pasteur, pour une période d’au moins deux ans.

Ces nouveaux directeurs-trices intégreront les différentes instances du Pasteur Network localisées dans les quatre régions du réseau : Afrique, Amériques,  Asie-Pacifique et Europe-Méditerranée.

Sabo Haoua Seini
CERMES

Sabo Haoua Seini a été nommée Directrice Générale du CERMES et a pris ses fonctions depuis le 11 août 2021.

Première et unique femme Docteur en Biochimie du Niger, deuxième femme Professeur titulaire CAMES du Niger, son parcours à travers le Niger, l’Afrique et les 5 continents lui a permis d’être également Secrétaire Général du Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation.

Elle succède à Rabiou Labbo qui a assuré l’intérim depuis février 2019, au départ d’Halima Boubacar.

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Philippe Dussart
Institut Pasteur de Madagascar

Philippe Dussart a été nommé Directeur de l’Institut Pasteur de Madagascar, à compter du 1er septembre 2021.

Pharmacien biologiste de formation et titulaire d’un doctorat en microbiologie, spécialité de virologie, Philippe Dussart a exercé pendant 20 ans au sein Pasteur Network sur 3 régions : Afrique, Amériques, Asie-Pacifique.

Il bénéficie d’une expertise confirmée dans le domaine des arbovirus, des virus respiratoires dont la grippe saisonnière, la grippe aviaire et le SARS-CoV-2, mais aussi des zoonoses virales.

Philippe Dussart succède ainsi à André Spiegel.

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Christophe Peyrefitte
Institut Pasteur de la Guyane

Christophe Peyrefitte a pris sa fonction de Directeur de l’Institut Pasteur de la Guyane, depuis le 1er septembre 2021.

Après une première partie de carrière dédiée à la recherche de contre-mesures médicales contre les arbovirus, les virus des fièvres hémorragiques et les orthopoxvirus au sein du Service de Santé des Armées puis à la direction scientifique de l’Institut Pasteur de Dakar.

Christophe Peyrefitte succède à Mirdad Kazanji, qui a assuré cette fonction pendant 7 ans, en tant que Directeur de l’Institut Pasteur de Guyane.

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André Spiegel
Institut Pasteur du Cambodge

André Spiegel a été nommé Directeur de l’Institut Pasteur du Cambodge à compter du 1er Octobre 2021.

Docteur en médecine et Professeur agrégé du Val-de-Grâce en épidémiologie et santé publique, il a exercé différentes responsabilités au sein du Pasteur Network en occupant les fonctions de responsable des unités d’épidémiologie de l’Institut Malardé en Polynésie française (1989-1991) et de l’Institut Pasteur de Dakar (1996-2000) puis en dirigeant les Instituts Pasteur de Guyane (2007-2011), de Dakar (2011-2015) et de Madagascar (2016-2021).

André Spiegel succède à Laurence Baril qui a assuré cette fonction de 2019 à 2021.

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Efstathios Gonos
Institut Pasteur Hellénique

Efstathios Gonos a été nommé Directeur Général de l’Institut Pasteur Hellénique en octobre 2021.

Diplômé du Département de pharmacie de l’Université d’Athènes, Grèce en 1984, Dr Gonos a obtenu son doctorat de Biochimie de l’Université de Glasgow, Grande-Bretagne en 1989 et un Doctorat en Biomédecine de l’Université Orebro, Faculté de Médecine, Suède en 2011.

En plus d’enseigner et d’être conférencier, le Dr Gonos a été un «expert principal» de Union européenne (UE) dans « Le développement humain et le processus de vieillissement » et Représentant national adjoint de la Grèce auprès de l’UE dans “Genomics and Biotechnology for Health” ainsi que rédacteur en chef de la revue “Mechanisms of Aging & Development”.

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Mirdad Kazanji
Centre Pasteur du Cameroun

Mirdad Kazanji a été nommé Directeur Général du Centre Pasteur du Cameroun. Sa prise de fonction a été effective au 1er Octobre 2021.

Mirdad Kazanji, Directeur de Recherche à l’Institut Pasteur et virologue, a dirigé l’Institut Pasteur de Bangui, en République Centrafricaine de 2009 à 2014 prenant ensuite la tête de l’Institut Pasteur de la Guyane en 2014, avant de rejoindre le Centre Pasteur Cameroun. Sa carrière scientifique est centrée sur l’histoire naturelle des virus, leurs origines et leurs transmissions ainsi que sur les problèmes de santé publique liés à la surveillance et l’émergence des épidémies virales.

Il succède à Elisabeth Carniel qui a assuré cette fonction de 2017 à 2021.

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Pour avoir plus d’information sur les membres du Pasteur Network, consultez la section dédiée

Publication originelle le 17 novembre 2021, mise à jour le 27 septembre 2022.