Pour une collaboration, cinq membres du Pasteur Network – l’Institut Pasteur du Cambodge, l’Institut Pasteur de Bangui, l’Institut Pasteur de Madagascar, l’Institut Pasteur de la Guyane et l’Institut Pasteur de Paris – ont publié les résultats d’une étude sur l’ARN ribosomique des moustiques. En plus de diffuser 234 séquences complètes d’ARN ribosomique issues de 33 espèces de moustiques dans des bases de données publiques, l’étude présente la méthodologie bio-informatique utilisée pour assembler ces séquences. Publiée dans eLife, cette étude aborde également l’utilisation de l’ARN ribosomique comme marqueur moléculaire pour des fins taxonomique ou phylogénique. Elle vise à faciliter la découverte et la surveillance des virus chez toutes les espèces de moustiques.

Surveiller la circulation des virus grâce au séquençage de l’ARN (ARN-seq)

Les moustiques sont connus pour transmettre de nombreux virus pathogènes pour les humains et les animaux. La plupart de ces virus utilisent l’ARN, ou acide ribonucléique, comme structure porteuse d’information génétique. L’analyse par séquençage de tout l’ARN trouvé dans un échantillon donné, aussi appelée métagénomique ARN-seq, est couramment utilisée pour identifier les pathogènes viraux qui circulent dans certaines populations de moustiques. Cette détection de leur génome d’ARN permet également de découvrir et de suivre la circulation des agents pathogènes viraux connus ou émergents potentiels.

Néanmoins, le moustique lui-même possède beaucoup d’ARN. En particulier, les ARN qui composent les machines productrices de protéines appelées ribosomes. Ce type d’ARN est dénommé ARN ribosomique.  La présence en grande quantité de ce type d’ARN constitue un « bruit de fond » qui peut réduire la sensibilité de la détection des pathogènes, en masquant les séquences d’intérêt. Ce « bruit de fond » doit donc être retiré de l’échantillon. Pour éliminer avec succès l’ARN ribosomique, il est nécessaire de connaître sa séquence de référence.

L'utilisation du séquençage de l'ARN pour détecter les virus par leur génomes ARN se fait en plusieurs étapes. La connaissance des séquences d'ARN ribosomique permet de réaliser les étapes 3 et 5 pour une meilleure détection des pathogènes viraux dans les échantillons de moustiques.
L’utilisation du séquençage de l’ARN pour détecter les virus par leur génomes ARN se fait en plusieurs étapes. La connaissance des séquences d’ARN ribosomique permet de réaliser les étapes 3 et 5 pour une meilleure détection des pathogènes viraux dans les échantillons de moustiques. Cette illustration a été créée avec Biorender.com. © Cassandra Koh

Cependant, l’absence de séquences d’ARN ribosomiques de référence pour une grande majorité d’espèces de moustiques rend difficile la réalisation d’ARN-seq chez ces dernières. Seules quelques espèces vectrices ont été répertoriées dans des bases de données publiques, une collection de toutes les séquences génétiques connues de tous les êtres vivants. Ainsi, ce manque de séquences entraine une méconnaissance des cycles de transmission perpétués par d’autres espèces de moustiques endémiques d’environnements plus éloignés, et responsables de l’infection d’animaux dits « réservoirs ». Pour permettre la découverte et la surveillance de virus dans un plus large éventail d’espèces de moustiques, l’équipe a élargi la collection actuelle de séquences d’ARN ribosomiques de référence.

Mutualiser l’expertise des membres du Pasteur Network

En mutualisant leurs expertises et leurs ressources, les scientifiques de l’Institut Pasteur du Cambodge, de l’Institut Pasteur de Bangui, de l’Institut Pasteur de Madagascar, de l’Institut Pasteur de la Guyane et de l’Institut Pasteur, tous membres du Pasteur Network, ont publié un grand assemblage de séquences d’ARN ribosomiques dans des bases de données publiques. Avec une méthode bio-informatique unique, décrite dans l’étude, l’équipe a réussi à assembler les séquences d’ARN ribosomiques complètes pour tous leurs spécimens, même en présence de matériel biologique contaminant. Cette ressource génomique constitue un ensemble de 234 séquences complètes d’ARN ribosomique de 33 espèces de moustiques.

L’apport d’une telle ressource génomique

Ces nouvelles séquences permettront d’éliminer physiquement et informatiquement les lectures de séquences d’ARN ribosomiques interférentes, le « bruit de fond » précédemment évoqué. Elles maximisent la sensibilité de la détection de l’ARN génomique viral cible. En outre, les ARN ribosomiques peuvent être utilisés pour l’identification moléculaire des espèces de moustiques étudiées. La précision d’identification moléculaire des espèces à l’aide de séquences d’ARN ribosomiques est comparable à celle du gène mitochondrial de la cytochrome c oxydase, l’étalon-or et la référence actuelle de la taxonomie moléculaire.

Les résultats de cette collaboration faciliteront la découverte et la surveillance des agents pathogènes connus et potentiels chez un grand nombre d’espèces d’insectes par la métagénomique RNA-seq.


Pour aller plus loin :
Ribosomal RNA (rRNA) sequences from 33 globally distributed mosquito species for improved metagenomics and species identification
eLife, janvier 2023.
Cassandra Koh, Lionel Frangeul, Hervé Blanc, Carine Ngoagouni,Sébastien Boyer, Philippe Dussart, Nina Grau, Romain Girod, Jean-Bernard Duchemin and Maria-Carla Saleh.
DOI: 10.7554/eLife.82762 / https://elifesciences.org/articles/82762

Un travail collaboratif entre l’Institut Pasteur du Cambodge et l’Institut Pasteur du Laos, deux membres du Pasteur Network, avec l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) démontre les futurs impacts sur la santé publique du réchauffement climatique induit par l’homme. L’étude met en avant la menace qu’est l’augmentation majeure de la densité des moustiques, connus pour être les potentiels vecteurs d’un grand nombre de maladies infectieuses en Asie du Sud-Est. Réalisée dans le cadre du projet Ecomore 2, cette étude a été publiée dans Environmental Health Perspective.

La dengue est une maladie infectieuse émergente, transmise par les moustiques, qui touche de plus en plus de personnes dans le monde. Aedes aegypti et Aedes albopictus, les vecteurs de la dengue, sont de plus en plus susceptibles de se développer en raison du changement climatique. Les populations humaines pourraient être de plus en plus exposées à d’éventuelles épidémies. En Asie du Sud-Est, où la dengue est endémique, des données sur ces moustiques ont été recueillies par les unités d’entomologie de l’Institut Pasteur du Cambodge et de l’Institut Pasteur du Laos, tous deux membres du Pasteur Network.

Réalisée dans le cadre d’Ecomore 2 et d’autres projets, cette étude s’appuie sur les données collectées par Sébastien Marcombe de l’Institut Pasteur du Laos et par Sébastien Boyer de l’Institut Pasteur du Cambodge, ainsi que sur d’autres données bibliographiques sur la présence de ces deux espèces en Asie du Sud-Est. 

Les données sur la présence, la saisonnalité et la dynamique d’Ae. aegypti & Ae. albopictus ont été analysées en fonction de l’utilisation des terres, de la topographie et du climat. Deux unités de recherche de l’IRD ont mené la modélisation mathématique et les analyses spatiales, d’abord pour modéliser leur distribution dans la région et, ensuite, pour évaluer l’impact des scénarios climatiques prospectifs (neuf modèles climatiques CMIP6) sur leur distribution future. Les résultats montrent que, d’ici la fin du siècle, les densités les densités d’Ae. aegypti et d’Ae. albopictus augmenteront respectivement jusqu’à 46 % et 25 % en Asie du Sud-Est en raison des croissances de température prévues. De plus, il est peu probable que les mesures d’atténuation du climat puissent modérer cette expansion de manière significative.

Les cartes résultant de ces modèles sont disponibles sur la plateforme climatique et libre d’accès d’Ecomore II. Les utilisateurs de la plateforme peuvent observer l’impact de différents modèles et scénarios de changement climatique sur l’évolution de la répartition des populations d’Aedes. Ces résultats apportent des preuves supplémentaires que les changements climatiques induits par l’homme auront un impact sur les écosystèmes et la santé publique.


Pour aller plus loin :
Predicting the Effects of Climate Change on Dengue Vector Densities in Southeast Asia through Process-Based Modeling
Environmental Health Perspective, décembre 2022.
Lucas Bonnin*, Annelise Tran, Vincent Herbreteau, Sébastien Marcombe, Sébastien Boyer, Morgan Mangeas, and Christophe Menkes.
*Auteur correspondant.
https://doi.org/10.1289/EHP11068
Site internet d’Ecomore : https://ecomore.org/2023/02/02/the-evolution-of-dengue-vectors-densities-faced-with-climate-change-in-south-east-asia/

Leo Lit Man Poon, du Pôle de Recherche Université Hong Kong -Pasteur, membre du Pasteur Network, a reçu le Pasteur Network LP200 Prize, un prix spécial pour commémorer le 200e anniversaire de la naissance de Louis Pasteur et décerné lors d’une cérémonie organisée par l’Institut Pasteur (Paris) le jeudi 26 janvier 2023. Ce prix fait partie d’un ensemble de 5 prix décernés par l’Institut Pasteur dans le cadre du bicentenaire et avec le support de la Fondation Carlsberg pour un total de 200.00€

Pour célébrer le bicentenaire de la naissance de Louis Pasteur, une série de cinq prestigieux prix scientifiques a été créé par l’Institut Pasteur en 2022. Ces prix récompensent des réalisations qui traduisent l’esprit Pasteur dans les domaines de la recherche biomédicale, de la santé publique ou de l’innovation. Parmi eux, un prix a été dédié au Pasteur Network : le Pasteur Network LP200 Prize.

Le jury international présidé par Pascale Cossart, professeur à l’Institut Pasteur et secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences, avec le prix Nobel de physiologie ou médecine Françoise Barré-Sinoussi (2008) et le prix Nobel de chimie Emmanuelle Charpentier (2020), a choisi Leo Lit Man Poon comme lauréat. Il a reçu le prix des mains de Françoise Barré-Sinoussi.

« Ce prix reconnaît les contributions essentielles du Pr Poon en matière de préparation, de recherche, de collaborations et d’engagement au sein du Pasteur Network, notamment durant la pandémie de Covid-19. Le Pr. Poon incarne la vision de Louis Pasteur d’une science sans frontières. ».

Rebecca F Grais, Directrice exécutive du Pasteur Network.

Leo Poon est professeur à l’École de santé publique de la Faculté de médecine Li Ka Shing de l’Université de Hong Kong, ainsi que codirecteur du Pôle de recherche HKU-Pasteur, membre du Pasteur Network. Il est virologue et chercheur en santé publique et se consacre à l’étude des virus émergents tels que les virus de la grippe et les coronavirus.

Jusqu’à présent, il a publié environ 300 articles évalués par des pairs, avec un H-index de 93. Depuis 2005, Leo figure dans le Top 1 % des scientifiques les plus cités et depuis 2015 parmi les chercheurs le plus hautement cité. En 2022, Leo a été nommé parmi les 1 000 meilleurs scientifiques par research.com.

Parallèlement, Leo Poon est expert dans différents groupes de travail d’organisations internationales, telles que l’OMS, la WOAH (ex-OIE) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), pour le contrôle des maladies infectieuses émergentes.

« Il y a tellement de personnes formidables qui travaillent ensemble pour combattre les maladies infectieuses. C’est un honneur pour moi de travailler avec eux pour améliorer la santé publique. Deux siècles plus tard, l’esprit de Louis Pasteur est toujours aussi contagieux. »

Leo Lit Man Poon, co-directeur du pôle de recherche HKU-Pasteur, membre du Pasteur Network.

Outre le Pasteur Network Louis Pasteur Bicentenary, cette série a récompensé un scientifique senior de l’Institut Pasteur, Arnaud Fontanet, un scientifique junior de l’Institut Pasteur, Mélanie Anne Hamon, et deux anciens de l’Institut Pasteur, Bruno Canard et Serge Mostowy, respectivement avec le Senior Alumni Louis Pasteur Bicentenary  Prize et le Junior Alumni Louis Pasteur Bicentenary  Prize.


Pour aller plus loin :
Lisez la biographie de Leo Poon sur le site du Pôle de recherche HKU-Pasteur : https://www.hkupasteur.hku.hk/copy-of-poon-lab
Lisez l’actualité de Pôle de Recherche Université de Honk Kong – Pasteur : https://www.hkupasteur.hku.hk/post/the-pasteur-network-lp200-prize-awarded-to-leo-poon
Lisez l’actualité de l’Institut Pasteur : https://www.pasteur.fr/fr/journal-recherche/actualites/prix-du-bicentenaire-louis-pasteur-cinq-scientifiques-recompenses
Écoutez le podcast (Nature Biotechnology): https://bioengineeringcommunity.nature.com/posts/podcast-creative-grit-episode-2

En raison de la mondialisation et de la propagation de vecteurs tels que les moustiques, la dengue est un fardeau croissant pour la santé publique dans le monde entier. La détection rapide des espèces vectrices et la prévention de leur établissement peuvent être réalisées grâce à la surveillance des vecteurs. Des scientifiques du Pasteur Network, basés à l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie, l’Institut Pasteur du Cambodge, l’Institut Pasteur du Laos et l’Institut Pasteur de Madagascar, ont publié un article dans Plos One montrant que le MALDI-TOF MS est un outil prometteur qui pourrait être utilisé pour une surveillance internationale des moustiques vecteurs d’arbovirus.

Un impact pour la santé publique

Le virus de la dengue est transmis aux humains par des moustiques vecteurs. Il provoque généralement des maladies bénignes ou des syndromes pseudo-grippaux. Néanmoins, les infections à répétition sont connues pour leur risque d’engendrer des formes cliniques sévères et potentiellement mortelles, appelée dengue sévère.

Face à la mondialisation, les aires de répartition des moustiques connus pour transmettre le virus de la dengue augmentent et notamment dans les régions non endémiques. L’incidence mondiale de la dengue a été multipliée par 8 au cours des dernières décennies, avec une estimation de 390 millions de personnes infectées par an dans le monde.[1] Le risque de dispersion toujours plus important souligne la nécessité d’améliorer la surveillance des vecteurs afin de détecter rapidement les espèces vectrices introduites et de prévenir leur établissement dans de nouvelles zones. La surveillance repose sur l’identification précise des espèces vectrices. Deux moustiques à distribution mondiale, Aedes aegypti et Aedes albopictus, ce dernier aussi communément appelé moustique tigre, sont les vecteurs les plus connus de cet arbovirus. Cependant, dans la région Pacifique, au moins 9 autres espèces appartenant au groupe Scutellaris sont présentes et sont également des vecteurs confirmés ou potentiels du virus de la dengue.

MALDI-TOF MS pour une surveillance mondiale des moustiques

Les moustiques du groupe Scutellaris sont morphologiquement similaires et les informations préexistantes sur leur génome sont souvent manquantes. Pour identifier les moustiques vecteurs du virus de la dengue, des scientifiques du Pasteur Network ont évalué l’utilisation d’une autre méthode : la spectrométrie de masse de type « Matrix-Assisted Laser Desorption Ionization Time-Of-Flight Mass Spectrometry » (MALDI-TOF MS).  Le MALDI-TOF MS est un outil qui génère des spectres protéiques spécifiques à chaque espèce.

Des moustiques prélevés sur le terrain, appartenant à 8 espèces[2] et provenant de 6 pays du Pacifique, d’Asie et de Madagascar, ont été inclus dans cette étude réalisée par l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie, en collaboration avec l’Institut Pasteur du Cambodge, l’Institut Pasteur du Laos et l’Institut Pasteur de Madagascar. L’analyse a démontré qu’une base de données MALDI-TOF créée à partir de moustiques de la région Pacifique permettait une identification exacte des espèces de moustiques des autres régions. Cette technique est apparue aussi efficace que la méthode du séquençage de l’ADN pour identifier les espèces de moustiques. En effet, dans la majeure partie des cas, une identification exacte de l’espèce a été obtenue pour les moustiques testés, même pour les espèces morphologiquement et phylogénétiquement proches. En définitive, ces résultats soulignent que la MALDI-TOF MS est un outil prometteur qui pourrait être utilisé pour une surveillance globale des vecteurs d’arbovirus.


Pour aller plus loin :
MALDI-TOF MS: An effective tool for a global surveillance of dengue vector species
Plos One, octobre 2022.
Antsa Rakotonirina*, Morgane Pol, Fara Nantenaina Raharimalala, Valentine Ballan, Malia Kainiu, Sébastien Boyer, Sosiasi Kilama, Sébastien Marcombe, Sylvie Russet, Emilie Barsac, Rama Vineshwaran, Malia Kaleméli Selemago, Vincent Jessop, Geneviève Robic, Romain Girod, Paul T. Brey, Julien Colot, Myrielle Dupont-Rouzeyrol, Vincent Richard, Nicolas Pocquet
*Auteur correspondant.
DOI: https://doi.org/10.1371/journal.pone.0276488


[1] https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/dengue-and-severe-dengue

[2] Ae. aegypti, Ae. albopictus, Ae. polynesiensis, Ae. scutellaris, Ae. pseudoscutellaris, Ae. malayensis, Ae. futunae and Culex quinquefasciatus

L’Institut Pasteur de Madagascar en collaboration avec l’Institut Pasteur de Tunis, l’Institut Pasteur à Paris, tous trois membres du Pasteur Network organisent un cours intitulé « Les dimensions sociales des épidémies ». Durant 5 jours, du 17 au 21 avril 2023, à l’Institut Pasteur de Madagascar, les 25 participants pourront renforcer leurs connaissances et capacités en Sciences Humaines et Sociales (SHS). Les chercheurs en SHS du Pasteur Network en Afrique ou impliqué dans le projet Afroscreen qui sont intéressés peuvent candidater jusqu’au 15 janvier 2023.

Ce cours, réalisé avec le soutien des projets Sonar Global et Afroscreen, intervient dans le cadre du processus de renforcement des capacités en Sciences Humaines et Sociales (SHS) au niveau du Pasteur Network et plus largement des instituts de recherche et de santé africains. 25 participants seront sélectionnés parmi les candidats qui auront postulé avant le 15 janvier 2023 en remplissant le Google Form dédié.

Les cours seront dispensés en présentielle pendant 5 jourspar des formateurs de l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé de Burkina Faso, du Pôle Sciences Sociales du Centre Régional de recherche et de formation à la prise en charge clinique de Fann à Dakar, Sénégal, du Centre de Recherche et de Formation en Infectiologie de Guinée, de l’Institut Supérieur des Sciences Humaines de Tunis, de l’Institut Pasteur à Paris et de l’Institut Pasteur de Madagascar.

Profils des candidats :
Les chercheurs en SHS anthropologues, sociologues, spécialistes en sciences de l’éducation, de la géographie humaine, historiens et data scientists appliqué à la santé.

Provenance :
Les chercheurs des membres du Pasteur Network en Afrique ou les chercheurs impliqués dans le projet Afroscreen (réseaux IRD, ANRS|MIE).

Prérequis :


Pour aller plus loin:
Espace de candidature : https://forms.gle/sNcAVwcVycHrjLXM9
Article dédié de l’Institut Pasteur de Madagascar : https://www.pasteur.mg/offres/appel-a-candidature-cours-du-pasteur-network-les-dimensions-sociales-des-epidemies-du-17-au-21-avril-2023-lieu-institut-pasteur-de-madagascar/

Chaque année, 60 000 personnes meurent de la rage dans le monde selon les estimations de l’OMS. 99 % des victimes sont infectées par un chien. 100% des cas sont évitables par la vaccination. Pour contribuer à l’objectif défini par les organisation internationales, OMS, OMSA et FAO « Zéro cas de rage humaine d’origine canine d’ici 2030 », le Pasteur Network a mis en place un MOOC sur la thématique du contrôle de la rage. Accessible sur la plateforme Fun MOOC, la première session du MOOC « Rage » est en anglais sous-titré en anglais, français et portugais. L’inscription est gratuite et ouverte jusqu’au 07 février 2023. 

Une maladie mortelle mais évitable 

La rage est une infection virale affectant le système nerveux qui une fois déclarée est invariablement fatale et dont le chien est responsable de la quasi-totalité des transmissions à l’homme. Depuis 1885, année où Louis Pasteur mit au point le vaccin contre la rage, de nombreux progrès ont été accomplis et la rage transmise par le chien est aujourd’hui évitable. Néanmoins, la rage garde son statut de zoonose négligée en Afrique et en Asie où se concentrent 95 % des cas rapportés. Le manque de connaissances, l’inaccessibilité à la vaccination ou encore l’absence de contrôle de la rage canine sont autant de facteurs expliquant l’incidence, toujours forte, de cette infection.

Partage d’expériences et connaissances d’experts

Avec pour objectif de transmettre leurs connaissances et expériences, des chercheurs du Pasteur Network ont mis en place le MOOC « Rage ». Conçu dans le cadre d’un appel à financement de cours, ce MOOC rassemble 25 experts internationaux[1] dont 6 du Pasteur Network. Il a été financé par le Pasteur Network, l’Institut Pasteur, l’Institut Pasteur du Cambodge et l’Institut Pasteur de Guinée.

Ce MOOC est composé de 7 chapitres abordant le contrôle de la rage tant chez les humains que chez les animaux dans le respect de l’approche « One Health ». Il comporte des connaissances générales sur la maladie, telles que la virologie, l’épidémiologie, et le diagnostic ; une description des vaccins disponibles et de leurs stratégies vaccinales associées ; des perspectives thérapeutiques ; la présentation du rôle des organisations internationales dans l’objectif d’élimination d’ici 2030 et enfin des exemples concrets d’approche multidisciplinaire mis en place sur le terrain.

Vers « Zéro cas de rage humaine d’origine canine d’ici 2030 »

Face à l’objectif mondial d’éliminer la rage humaine d’origine canine d’ici 2030, tous les experts et les organisations internationales concernés ont reconnu l’urgente nécessité de dispenser une formation au personnel médical et vétérinaire, cible de ce MOOC, aux côtés des étudiants et scientifiques intéressés par le contrôle complexe de cette zoonose. Le MOOC « Rage » soutient ainsi cette ambition d’élimination de la rage humaine d’origine canine d’ici 2030 en offrant aux participants les outils pour sensibiliser leur communauté. En effet, à la suite de cette formation, les participants sauront :

Près de 1300 participants issus de 96 pays ont déjà commencé à suivre cette formation en ligne soit par le « parcours découverte » gratuit, soit par le « parcours qualifiant » dans lequel le MOOC est suivi d’un examen certifiant d’un coût de 150€. Ce dernier donne l’opportunité de candidater au Diplôme Numérique des Maladies Infectieuses de l’Institut Pasteur (DNM2IP).  


Pour aller plus loin :

MOOC « Rage » : https://www.fun-mooc.fr/fr/cours/rabies/
5 raisons de suivre le MOOC « Rage » : https://www.fun-mooc.fr/fr/actualites/5-raisons-de-suivre-la-formation-rage/
“Zéro d’ici 2030” : https://rabiesalliance.org/resource/zero-30-global-strategic-plan-end-human-deaths-dog-mediated-rabies-2030
DNM2IP : https://www.pasteur.fr/fr/DNM2IP
Contributing to a global vaccination strategy to eliminate rabies by 2030 – Pasteur Network Annual Report 2017-2018 : https://pasteur-network.org/wp-content/uploads/2020/12/1906_00035-riip2018-220×280-va-web.pdf#page=23


[1] Parmi les 25 experts : 6 viennent du Pasteur Network depuis l’Institut Pasteur de Guinée, l’Institut Pasteur , l’Institut Pasteur du Cambodge et l’Institut Pasteur du Laos, 5 viennent d’institutions internationales et 14 d’instituts de recherches d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Europe. Les laboratoires de référence pour la rage de l’OMS, l’OMSA (ex OIE) et la FAO sont représentés par 8 de ces intervenants.

Le 09 décembre 2022 s’est tenu la Cérémonie des Doctorants de l’Institut Pasteur. Trois diplômés représentaient le Pasteur Network : le Dr Habib pour l’Institut Pasteur de Madagascar, le Dr Lyu pour le Pôle de Recherche Université de Hong Kong – Pasteur et le Dr Modiyinji pour le Centre Pasteur du Cameroun. Après le discours d’introduction de l’invité d’honneur, le Pr Ugur Sahin, professeur d’oncologie translationnelle et d’immunologie à l’Université de Mayence et PDG de BioNTech, tous ont eu quelques minutes pour présenter leur parcours.

Dr Azimdine Habib

Toujours avoir un objectif dans la vie et se donner tous les moyens pour l’atteindre. Ne jamais avoir peur d’un échec mais apprendre de celui-ci pour avancer”

Thèse soutenue

Relation entre composition du microbiote intestinal et infestation parasitaire chez les enfants dans un contexte de malnutrition

Le Dr Azimdine Habib est originaire des iles Comores où il obtient sa licence en Sciences de la Vie en 2012. Son master en Biochimie fondamentale et appliquée, option biochimie, biodiversité et santé l’amène à Madagascar. Il y intègre l’Institut Pasteur de Madagascar au cours de sa deuxième année au laboratoire de bilharziose. En 2016, il y est recruté en tant que technicien de laboratoire dans l’unité de bactériologie expérimentale. Dès 2017, il commence son doctorat sous la direction du Dr Jean-Marc Collard. Sa thèse explore le lien entre la composition du microbiote intestinal et les parasites intestinaux, notamment chez les enfants atteints de malnutrition. Dans le cadre du concours « Ma Thèse en 180 secondes », organisé par l’Institut Pasteur de Madagascar, Azimdine Habib a présenté sa thèse pour un public non scientifique et obtenu la première place de la 2ème édition. Il a ensuite défendu sa thèse en décembre 2021. En octobre 2022, il a rejoint la plateforme technologique BIOMICS de l’Institut Pasteur, également membre du Pasteur Network, en tant qu’ingénieur de recherche où il s’intéresse au séquençage nouvelle génération.


Dr Huibin Lyu

“La pratique est le seul et unique moyen de tester la vérité”

Thèse soutenue

Étude des réactions humorales croisées au SRAS-CoV-2 chez l’homme et la souris

Le Dr Huibin Lyu, Tomas, a démarré son parcours de recherche à l’Université de Technologies de Guangdong en Chine en étudiant les propriétés antibactérienne et antitumorale du curcuma. Cette expérience l’encourage à commencer un second master à l’Université médicale de Guangzhou en virologie et immunologie, plus spécifiquement sur le criblage des anticorps présentant une réaction croisée avec le virus de la grippe.  Grâce à une bourse doctorale du programme Calmette & Yersin, Huibin Lyu rejoint ensuite le Pôle de Recherche de l’Université de Hong Kong – Pasteur, membre du Pasteur Network, pour conduire son doctorat au sein de l’équipe du Pr Roberto Bruzzone et du Dr Chris Mok. Sa thèse s’inscrivait alors dans la poursuite de son master avec pour thématique la réponse des anticorps après la première infection grippale chez le nouveau-né et la spécialisation du système immunitaire chez le modèle murin. Face à la pandémie de la Covid-19, le Dr Lyu a réorienté son sujet sur un autre virus, le SARS-CoV-2 et a contribué à une meilleure compréhension de la réponse immune à ce virus. En septembre 2022, il a soutenu sa thèse sur les réactions croisées du système immunitaire face au SARS-CoV-2 chez l’homme et la souris. Le Dr Lyu est aujourd’hui post-doctorant à l’Université de l’Illinois Urbana-Champaign où il cherche à identifier les signatures des anticorps humains contre différents pathogènes.


Dr Abdou Fatawou Modiyinji

“La Science n’a pas de patrie”

Thèse soutenue

Étude de la prévalence et la caractérisation moléculaire du virus de l’hépatite E dans les populations animales et humaines au Cameroun : Évaluation de la transmission inter-espèces

Le Dr Abdou Fatawou Modiyinji a réalisé ses études à la faculté des Sciences de l’Université de Yaoundé 1 au Cameroun. En 2012, il y obtient sa licence de Biologie des Organismes Animaux. Il poursuit avec un master en Parasitologie et Écologie qu’il obtient en 2015. Il poursuit ensuite avec un doctorat au Département de Biologie et Physiologie Animales et au Centre Pasteur du Cameroun, membre du Pasteur Network. Première étude du genre au Cameroun, sa thèse a porté sur l’hépatite E chez les populations humaine mais aussi animales dans le pays. En plus de caractériser les génotypes du virus de l’hépatite E chez les humains, elle a mis en lumière une séroprévalence élevée du virus au sien des deux populations suggérant une transmission inter-espèce du virus de l’hépatite E au Cameroun. Auteur de plusieurs publications durant sa thèse, Abdou Fatawou Modiyinji a soutenu cette dernière en juillet 2022. Il étudie maintenant les entérovirus en tant que chercheur post-doctorant au Centre Pasteur du Cameroun.

Le “Pasteur Network Annual Meeting”, coorganisé avec l’Institut Pasteur d’Italie – Fondation Cenci Bolognetti, s’est tenu à l’Université Sapienza de Rome, du 28 au 30 novembre 2022. Le thème de cette année, “The Start of a New Chapter”, reflète les récents changements du Pasteur Network pour une gouvernance plus inclusive et participative. Ce fut l’occasion pour les Directeurs, les Directeurs scientifiques et tous les chercheurs du réseau d’échanger sur leurs objectifs collectifs, de créer de nouvelles collaborations ainsi que de futurs partenariats.

Les présentations et les photos de l’événement sont disponibles ci-dessous, pour toutes informations additionnelles, consultez le communiqué de presse.


Présentations et intervenants

Toute la réunion s’est tenue en anglais. Vous trouverez, sur cette page, les présentations telles que données à Rome et retransmises en ligne lors du meeting. Pour avoir plus d’informations sur les intervenants, consultez le livret officiel des intervenants.

Première journée – Keynote speaker

The miracle of COVID-19 vaccines and the trillion-dollar gap > Pr Rino Rappuoli

Talent Awards

Le Dr Norosoa Razanajatovo, de l’Institut Pasteur de Madagascar, a reçu le prix Pasteur Network Talent Award 2022. Tous les détails sont accessibles dans l’article concernant la Céremonie et la présentation de Dr Norosoa Razanajatovo.

Deuxième journée

Session 1: Preparedness and Response to Outbreaks: Lessons and course of actions for the Pasteur Network

Session 2: Manufacturing and Strengthening the R&D Ecosystem

Plenary Session 3: Working better together

Sub-plenary 1: Focusing on science

Sub-plenary 2: Improving opportunities within the Network

Sub-plenary 3: Mutualizing Technological Resources


Galerie

Toutes les photos de l’évènement seront bientôt disponibles.

Certains pathogènes présentent des formes asymptomatiques qui complexifient l’étude de leurs dynamiques de transmission et de leurs déterminants. Des chercheurs du Pasteur Network basés à l’Institut Pasteur de la Guyane et à l’Institut Pasteur (Paris), en collaboration avec le Centre hospitalier de Cayenne, se sont intéressés à l’incidence atypique de la fièvre Q en Guyane. Leurs travaux, publiés dans The Lancet Regional Health – Americas, estiment des risques d’infection élevés dans la population générale. Ils mettent en évidence le rôle important des animaux d’élevage dans la transmission.  

La fièvre Q, une zoonose peu symptomatique 

La fièvre Q est une zoonose causée par la bactérie Coxiella burnetii, une bactérie qui infecte une majorité de mammifères sur la plupart du globe. Les ruminants, principale source de contamination humaine, peuvent excréter la bactérie dans les produits de mise bas, les déjections, les sécrétions vaginales et le lait. La transmission se fait principalement par voies aérienne et se manifeste, chez l’Homme, par des signes cliniques dans seulement 40% de cas. Ces derniers, s’ils sont présents, sont généralement pseudo-grippaux et non spécifiques mais peuvent parfois être associés à une pneumonie, une hépatite et plus rarement, à des symptômes plus sévères, en particulier chez des patients présentant des comorbidités.  60 % des contaminations rapportées mondialement sont identifiées lors d’épidémies centrées autour d’élevages ou d’abattoirs infectés par la bactérie.

La Guyane, un cas particulier

La population guyanaise présente l’incidence la plus élevée de fièvre Q au monde. 24% des cas de pneumonie communautaire en milieu hospitalier lui sont imputés.  Néanmoins, les risques classiques d’exposition (abattoir ou élevage à proximité) n’étaient pas retrouvés chez les cas diagnostiqués : la plupart des patients hospitalisés venaient de France métropolitaine et logeaient dans la zone urbanisée de Cayenne et sa banlieue. Aucun réservoir sauvage n’ayant été clairement identifié, les études précédentes ont considéré que la transmission par le bétail était improbable.

Le caractère atypique de sa transmission combiné à une forte proportion de cas asymptotiques a complexifié jusqu’ici la compréhension de l’épidémiologie et l’élucidation des déterminants associés à la fièvre Q en Guyane. Afin de mieux comprendre sa dynamique de transmission et d’orienter les stratégies d’intervention en santé publique, des chercheurs du Pasteur Network, et des infectiologues du Centre hospitalier de Cayenne, ont collaboré pour conduire une enquête sérologique auprès de 2 700 personnes représentatives des différentes communautés de Guyane.

Le cheptel domestique, vecteur de la maladie

Les auteurs ont modélisé les données sérologiques classées par âge afin de reconstituer l’historique de la circulation de la bactérie dans les différentes régions du territoire. Leurs résultats montrent une circulation constante de C. burnetii sur toute la Guyane avec un nombre annuel de cas estimé à 579. 9,6 % de la population testée avait déjà été infectée et en particulier des hommes d’âge moyen et les individus vivant à proximité d’élevage. L’analyse des données a permis d’identifier une épidémie qui serait survenue entre 1996 et 2003 dans les communes de Rémire et Matoury. Cette dernière, ayant infecté 10 % de la population, explique la grande proportion de personnes porteuses d’anticorps contre C. burnetii dans la zone urbaine de l’Ile de Cayenne.

Ce travail collaboratif a permis de modéliser pour la première fois la dynamique de transmission de la fièvre Q en Guyane. La mise en évidence du rôle des animaux d’élevage domestiques dans un contexte de transmission importante de la bactérie milite pour renforcer les activités de surveillance et de réduction des risques dans les élevages de Guyane et souligne l’intérêt d’une approche « One Health » alliant un volet humain, animal et environnemental.

Les enquêtes sérologiques, des outils primordiaux

Ce type d’enquête sérologique à grande échelle avait déjà été conduit au Bangladesh pour la dengue ou encore pour la maladie de Chagas en Colombie. Elle permet de d’étudier un large éventail de facteurs contribuant à la lutte contre les maladies tels que les schémas de circulation des pathogènes, les niveaux d’immunité lié à la vaccination ou à une infection antérieure ou les potentielles zones d’émergences. Cette approche multi-factorielle et au rapport coûts/avantages très positive (si l’on rapporte le coût des analyses à la masse des données brassées/résultats de sortie) représente un outil très précieux à promouvoir auprès des organismes et autorités de santé publique.

Il est proposé que cette méthodologie soit réutilisée par les membres du Pasteur Network dans le cadre d’une phase 3 du projet ECOMORE impliquant le Cambodge, Laos, Philippines et le Vietnam, en collaboration avec l’Institut Pasteur, à Paris pour lequel des financements sont encore recherchés. En effet, son utilisation permettrait d’améliorer la compréhension de l’historique de circulation d’une multitude de pathogènes (virus, bactérie et parasites), représentants un enjeu de Santé Publique pour ces pays, et de l’épidémiologie de leurs maladies associées afin de proposer des interventions adaptées aux autorités de ces pays.


Pour aller plus loin :

Transmission dynamics of Q fever in French Guiana: A population-based cross-sectional study
The Lancet Regional Health – Americas, octobre 2022.
Sarah Bailly, Nathanaël Hozé, Sylvie Bisser, Aurélien Zhu-Soubise, Camille Fritzell, Sandrine Fernandes-Pellerin, Adija Mbouangoro, Dominique Rousset, Félix Djossou, Simon Cauchemez, Claude Flamand‡*.
†, ‡Ces auteurs ont contribué à parts égales à ce travail.
* Auteur correspondant.
DOI : https://doi.org/10.1016/j.lana.2022.100385

Durant l’Annual Meeting du Pasteur Network du 28 au 30 novembre 2022 à Rome, le Dr Norosoa Razanajatovo, de l’Institut Pasteur de Madagascar a reçu le prix Pasteur Network Talent Award 2022[1] délivré par le Directeur Général de l’Institut Pasteur, Stewart Cole.

Le Dr Norosoa Razanajatovo intègre en 2013 le Centre National de Référence pour la Grippe (CNRG) de l’unité de virologie de l’Institut Pasteur de Madagascar en tant qu’ingénieur de recherche. Elle a obtenu son diplôme de doctorat en Sciences, option de biochimie appliquée aux sciences médicales, en 2015. Son travail de thèse, effectué sous la direction du Dr Jean-Michel Héraud et qui portait sur l’identification et caractérisation moléculaire des virus respiratoires circulant à Madagascar, a contribué à mettre en place une meilleure stratégie de prévention contre les maladies respiratoires. Norosoa Razanajatovo a notamment joué un rôle moteur pour la mise en œuvre du programme de développement de la surveillance nationale de la grippe en collaboration avec les ministères de la Santé Publique et de l’Élevage malgaches.

Dès 2016, elle devient responsable technique et chef adjoint du Centre National de la Grippe. La même année, elle est également nommée conseiller technique de l’OMS. Au fil des années, elle a acquis une solide expérience dans la surveillance de la circulation des virus respiratoires par la gestion de diverses épidémies telles que la grippe H1N1, ou plus récemment, la Covid-19. En 2022, elle est promue au grade de Chargé de Recherche. Elle assure la coordination de la surveillance en laboratoire des infections respiratoires virales mais également des programmes de recherche associés.

« Un bon système de surveillance est important pour maîtriser une épidémie, mais une stratégie de recherche efficace et à jour est la clé de voûte pour y parvenir. »

Le travail du Dr Razanajatovo porte sur l’identification des virus responsables des infections respiratoires aigües, l’identification des caractères saisonniers des virus respiratoires communs, le développement d’outils de diagnostic prédictifs et la biologie moléculaire des virus humains et zoonotiques.

 Elle s’intéresse actuellement à la dynamique d’introduction et de diffusion des virus respiratoires ayant un intérêt en santé humaine et animale pour le pays et, plus largement au niveau mondial. En parallèle, le Dr Norosoa Razanajatovo s’investit pleinement dans la transmission de ses connaissances par la supervision de différents étudiants, par la tenue d’ateliers de formation pour les laboratoires locaux mais aussi régionaux ou encore par la formation du personnel d’institutions régionales. Au regard de son engagement et de sa carrière, elle a reçu le Pasteur Network Talent Award 2022 lors de l’Annual Meeting le 28 novembre 2022 à Rome.


Pour aller plus loin :
Article de l’Institut Pasteur de Madagascar : https://www.pasteur.mg/dr-norosoa-harline-razanajatovo-laureate-du-prix-pasteur-network-talent-award-2022/


[1] Le Pasteur Network Talent Award récompense chaque année un ou deux chercheurs du Pasteur Network, futurs leaders du réseau de demain.